Nell
Charles-Marie-René Leconte de Lisle (1818-1894) wrote the words for Nell, having been inspired by Robert Burns.

Ta rose de pourpre à ton clair soleil,
Ô Juin, étincelle enivrée,
Penche aussi vers moi ta coupe dorée:
Mon coeur à ta rose est pareil.

Sous le mol abri de la feuille ombreuse
Monte un soupir de volupté:
Plus d’un ramier chante au bois écarté.
Ô mon coeur, sa plainte amoureuse.

Que ta perle est douce au ciel enflamé.
Étoile de la nuit pensive!
Mais combien plus douce est la clarté vive
Qui rayonne en mon coeur, en mon coeur charmé!

La chantante mer. Le long du rivage,
Taira son murmure éternel,
Avant qu’en mon coeur, chère amour.
Ô Nell, ne fleurisse plus ton image!

Your crimson rose in your bright sun
Glitters, June in rapture;
Incline to me also your golden cup:
My heart is like your rose.

Under the shady, sheltering leaves
there rises a sigh of delight.
In the grove there are doves cooing,
(Oh my heart!) singing their love-songs.

How sweet in the blazing sky is your pearl,
star of pensive night!
But how much sweeter is the vivid glow
that shines in my enchanted heart!

The singing sea all along its shores
will end its eternal murmuring
before your image, oh Nell my love,
ceases to bloom in my heart.

La Bonne Chanson (The Good Song)
Fauré composed this between 1892 and 1894. The cycle uses nine poems by Paul Verlaine that the poet dedicated to his future wife Mathilde. (The name came from medieval France; thus the reference to “her Carolingian name” at the end of the first song.)

1. Une Sainte en son auréole,
Une Châtelaine en sa tour,
Tout ce que contient la parole
Humaine de grâce et d’amour.

La note d’or que fait entendre
Le cor dans les lointains des bois,
Mariée à la fierté tendre
Des nobles Dames d’autrefois;

Avec cela le charme insigne
D’un frais sourire triomphant
Éclos dans les candeurs de cygne
Et des rougeurs de femme-enfant;

Des aspects nacrés, blancs et roses,
Un doux accord patricien:
Je vois, j’entends toutes ces choses
Dans son nom Carlovingien.

1. A Saint in her halo,
A Mistress of a chateau in her tower,
Everything that human speech contains
Of grace and love;

The golden note sounded by
A horn far off in the woods,
United with the tender pride
Of noble Ladies of yesteryear!

Together with the remarkable charm
Of a fresh triumphant smile
That has opened within the whiteness of a swan
And the blushing of a child bride;

Pearly hues, white and pink,
A gentle patrician harmony:
I see, I hear all these things
In her Carolingian name.

2. Puisque l’aube grandit, puisque voici l’aurore,
Puisque, après m’avoir fui longtemps, l’espoir veut bien
Revoler devers moi qui l’appelle et l’implore,
Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien,

Je veux, guidé par vous, beaux yeux aux flammes douces,
Par toi conduit, ô main où tremblera ma main,
Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses
Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin ;

Et comme, pour bercer les lenteurs de la route,
Je chanterai des airs ingénus, je me dis
Qu’elle m’écoutera sans déplaisir sans doute ;
Et vraiment je ne veux pas d’autre Paradis.

2. Since dawn is growing, since here is the break of day,
Since, after long fleeing from me, hope agrees
To fly back toward me who call and implore it,
Since all this happiness agrees to be mine,

I want, guided by you, lovely eyes with gentle flame,
Led by you, o hand in which my hand will tremble,
To walk straight, whether it be through paths of moss
Or whether rocks and pebbles encumber the way;

And as, to beguile the slowness of the journey,
I shall sing simple tunes, I tell myself
That she will probably listen to me without annoyance;
And truly I wish for no other Paradise.

3. La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…

Ô bien aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…

Rêvons, c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…

C’est l’heure exquise.

3. The white moon
shines in the woods.
From each branch
springs a voice
beneath the arbor.

Oh my beloved…

Like a deep mirror
the pond reflects
the silhouette
of the black willow
where the wind weeps.

Let us dream! It is the hour…

A vast and tender
calm
seems to descend
from a sky
made iridescent by the star.

It is the exquisite hour!

4. J’allais par les chemins perfides,
Douloureusement incertain.
Vos chères mains furent mes guides.

Si pâle à l’horizon lointain
Luisait un faible espoir d’aurore ;
Votre regard fut le matin.

Nul bruit, sinon son pas sonore,
N’encourageait le voyageur.
Votre voix me dit: “Marche encore!”

Mon coeur craintif, mon sombre coeur
Pleurait, seul, sur la triste voie ;
L’amour, délicieux vainqueur,
Nous a réunis dans la joie.

4. I was walking along treacherous paths,
Painfully uncertain.
Your dear hands were my guides.

So pale on the distant horizon
Shone a faint hope of dawn;
Your eyes were the morning.

No sound other than his ringing footstep
Encouraged the voyager.
Your voice said to me: “Walk on!”

My timid heart, my somber heart,
Cried, alone, on the dreary road;
Love, delightful conqueror,
United us in joy.

5. J’ai presque peur, en vérité
Tant je sens ma vie enlacée
A la radieuse pensée
Qui m’a pris l’âme l’autre été,

Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce coeur tout à vous,
Ce coeur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;

Et je tremble, pardonnez-moi
D’aussi franchement vous le dire,
À penser qu’un mot, q’un sourire
De vous est désormais ma loi,

Et qu’il vous suffirait d’un geste,
D’une parole ou d’un clin d’oeil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.

Mais plutôt je ne veux vous voir,
L’avenir dût-il m’être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu’à travers un immense espoir,

Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t’aime !

5. I’m almost afraid, it’s true,
when I see how my life is entwined
with the radiant thought
that stole my soul last summer;

when I see how your ever-dear image
lives in this heart that is all yours,
my heart that only wants
to love you and to please you;

and I tremble – forgive me
for speaking so freely –
at the thought that a word or a smile
from you so rules me

and that a gesture,
a word or a wink
from you is enough to set my soul
in mourning for its heavenly illusion.

I really only want to see you,
no matter how dark
and full of pain my future,
through an immense hope,

plunged into this supreme job
of saying over and always to myself,
despite all dismal returns,
that I love you, that I love thee!

6. Avant que tu ne t’en ailles,
Pâle étoile du matin
— Mille cailles
Chantent, chantent dans le thym. —

Tourne devers le poète
Dont les yeux sont pleins d’amour ;
— L’alouette
Monte au ciel avec le jour. —

Tourne ton regard que noie
L’aurore dans son azur ;
— Quelle joie
Parmi les champs de blé mûr! —

Et fais luire ma pensée
Là-bas — bien loin, oh, bien loin !
— La rosée
Gaîment brille sur le foin. —

Dans le doux rêve où s’agite
Ma vie endormie encor…
— Vite, vite,
Car voici le soleil d’or. —

6. Before you vanish,
pale morning star…
(A thousand quails
are singing in the thyme!)

turn towards the poet,
whose eyes are full of love…
(The lark
is rising to the sky with the daybreak!)

turn your gaze which the dawn
is drowning in its blueness…
(What joy
among the fields of ripe corn!)

and make my thoughts shine
there, far away, far away…
(The dew
is gleaming brightly on the hay!)

into the sweet dream where my darling
while still asleep is stirring…
(Quickly, quickly,
for here is the golden sun!)

7. Donc, ce sera par un clair jour d’été
Le grand soleil, complice de ma joie,
Fera, parmi le satin et la soie,
Plus belle encor votre chère beauté ;

Le ciel tout bleu, comme une haute tente,
Frissonnera somptueux à longs plis
Sur nos deux fronts qu’auront pâlis
L’émotion du bonheur et l’attente;

Et quand le soir viendra, l’air sera doux
Qui se jouera, caressant, dans vos voiles,
Et les regards paisibles des étoiles
Bienveillamment souriront aux époux.

7. And so, it shall be on a bright summer’s day:
The great sun, complicit in my joy,
Shall, amidst the satin and silk,
Make your dear beauty more beauteous still;

The bluest sky, like a tall tent,
Shall ripple in long creases
Upon our two happy foreheads, white
With happiness and anticipation;

And when the evening comes, the caressing breeze
That plays in your veils shall be sweet,
And the peaceful gazes of the stars
Shall smile benevolently upon the lovers.

8. N’est-ce pas? nous irons gais et lents, dans la voie
Modeste que nous montre en souriant l’Espoir,
Peu soucieux qu’on nous ignore ou qu’on nous voie.

Isolés dans l’amour ainsi qu’en un bois noir,
Nos deux coeurs, exhalant leur tendresse paisible,
Seront deux rossignols qui chantent dans le soir.

Sans nous préoccuper de ce que nous destine
Le Sort, nous marcherons pourtant du même pas,
Et la main dans la main, avec l’âme enfantine.

De ceux qui s’aiment sans mélange, n’est-ce pas?

8. Is it not so? We will go, gaily and slowly, on the
Modest path that Hope shows us as it smiles,
Caring little whether people ignore us or see us.

Isolated in love as in a dark forest,
Our two hearts, breathing out their peaceful tenderness,
Will be two nightingales singing in the evening.

Without concern about what Fate destines for us,
We will walk with an even pace,
And hand in hand, with the childlike soul

Of those who love one another unreservedly, is it not so?

9. L’hiver a cessé : la lumière est tiède
Et danse, du sol au firmament clair.
Il faut que le coeur le plus triste cède
À l’immense joie éparse dans l’air.

J’ai depuis un an le printemps dans l’âme
Et le vert retour du doux floréal,
Ainsi qu’une flamme entoure une flamme,
Met de l’idéal sur mon idéal.

Le ciel bleu prolonge, exhausse et couronne
L’immuable azur où rit mon amour
La saison est belle et ma part est bonne
Et tous mes espoirs ont enfin leur tour.

Que vienne l’été ! que viennent encore
L’automne et l’hiver ! Et chaque saison
Me sera charmante, ô Toi que décore
Cette fantaisie et cette raison !

9. Winter has ended: the light is soft
And dances from the sun to the clear heaven.
The saddest heart must give way
To the great joy scattered through the air.

For a year I have held springtime in my soul
And the green return of the sweet blossoming,
Like a flame around a flame,
Sets upon my ideal something ideal.

The blue sky extends, exhalts and crowns
The changeless azure where my love laughs.
The season is fine and my share is good
And all my hopes have their turn at last.

Let summer come! And let
Autumn and winter come after! And every season
Will be dear to me, oh You who decorate
This imagining and this thought!

Aurore/Dawn
Poetry by Armand Silvestre (1837-1901)

Des jardins de la nuit s’envolent les étoiles,
Abeilles d’or qu’attire un invisible miel,
Et l’aube, au loin tendant la candeur de ses toiles,
Trame de fils d’argent le manteau bleu du ciel.

Du jardin de mon coeur qu’un rêve lent enivre
S’envolent mes désirs sur les pas du matin,
Comme un essaim léger qu’à l’horizon de cuivre,
Appelle un chant plaintif, éternel et lointain.

Ils volent à tes pieds, astres chassés des nues,
Exilés du ciel d’or où fleurit ta beauté
Et, cherchant jusqu’à toi des routes inconnues,
Mêlent au jour naissant leur mourante clarté.

The stars fly away from the gardens of night
like golden bees attracted by invisible honey;
and dawn in the distance, stretching her clear canvas,
weaves with silver threads the blue cloak of the sky.

My desires fly off at morning’s approach
out of the dream-drunk garden of my heart
like a wafting swarm summoned to the red-tinged horizon
by a chant that is plaintive, eternal and far.

They fly to your feet, stars expelled from on high,
exiled from the golden sky in which your beauty blossoms;
and, seeking uncharted roads to travel to where you are,
they mingle their dying light with the awakening day.